Partagés entre exaspération et découragement. C’est ainsi qu’apparaissent les socialistes morbihannais au lendemain du congrès de Reims. Même Gwendall Rouillard, le premier d’entre eux, ne cherche pas à transformer le plomb en or. Reims ? « Un échec collectif évident », « un bordèle complet » qui le « consterne » franchement.
« On devait construire une majorité, on n’a pas réussi. Aujourd’hui, il faut absolument trouver une issue. » Pour sortir de l’impasse. Comment ? « Avec Jean-Yves Le Drian », Gwendall Rouillard appelle les militants locaux à voter Royal. Celle-l? même que le chef de file de la gauche bretonne et son bras droit morbihannais combattaient il y a à peine quinze jours en soutenant Delanoë.
Opposés à l'appel de Delanoë en faveur d'Aubry
Les temps ont changé. Le maire de Paris a beau avoir emporté 40% des suffrages des militants locaux, il s’est planté au niveau français. Plus grave, son appel à voter Aubry, révélé ce lundi par un courrier vers les militants, a fini d’agacer les chefs de file du PS local. « Je suis profondément opposé à ce choix sur le fond et sur la forme. On ne peut pas prendre les militants à rebours », déplore Gwendall Rouillard, qui assure avoir insisté, « avec Jean-Yves Le Drian », pour que Delanoë ne soutienne ni Aubry ni Hamon, lors d’ultimes tractations dimanche soir.
Dans cette situation "pour le moins critique", les patrons des socialistes locaux se refusent à participer au fameux « TSR » (Tout sauf Royal). Pas question de pactiser avec les Aubry, Hamon et autres « Fabius » avec qui ils ne sentent pas assez « en phase pour leur confier le parti ». Les ponts coupés avec Delanoë, Rouillard (soutenus également par d’autres élus locaux contactés) votera donc Royal « malgré certains désaccords » politiques persistants.
D’abord parce qu’il souhaite respecter les desideratas des militants locaux qui se sont exprimés en faveur d’un accord entre les motions Delanoë et Royal, le 8 novembre à Locoal-Mendon. Ensuite, parce que l’ex candidate à la présidentielle serait la plus à même de proposer un "renouvellement générationnel". Selon Rouillard, Ségolène Royal apparaîtrait, enfin, comme la candidate "la plus proche des valeurs réformistes, décentralisatrices et européennes" portées par le PS breton. Comme Delanoë finalement.
K.T.

Ici aussi, il faut donner un coup de balai.