MGM: Le PS national apparaît couper en deux après les résultats du second tour de l’élection au poste de premier secrétaire national d’hier soir. Comment va-t-il faire pour sortir de la panade ?
Gwendal Rouillard : « Comme premier secrétaire national, François Hollande a la solution finale entre ses mains. Il faut trouver un compromis permettant un apaisement rapide de la situation. La crise économique et sociale doit nous inviter à nous consacrer rapidement au sort des salariés frappés. Il nous faut nous retrousser les manches. »
En tant que soutien de Ségolène Royal appelez-vous, comme certains de ses amis, à un nouveau vote des militants pour départager les deux candidates ?
« C’est aux dirigeants nationaux de juger. François Hollande dispose de l’ensemble des éléments pour prendre cette décision, ou pas. »
Que pensez-vous du vote des militants morbihannais ?
« Dans le Morbihan, Ségolène Royal est arrivée en tête et je m’en réjouis. Le Morbihan a clairement tranché en faveur d’une ligne réformiste, européenne et décentralisatrice. L’apaisement de la fédération départementale du PS devrait inspirer Paris. »
Craignez-vous un éclatement du PS national ?
« Eclatement du parti non. Tension permanente oui. »
Qu’allez-vous faire dans ce contexte ?
« Je vais prendre des initiatives au niveau national pour participer au renouvellement de ce parti. Avec d’autres, je vais préparer l’avenir du PS pour bâtir un grand parti social démocrate pour le prochain congrès. La jeune génération réformiste prendra toute sa place. »
Si la victoire de Martine Aubry se confirme, pourrez-vous travailler avec Benoît Hamon ou encore Laurent Fabius par exemple ?
"La réponse est non."
Comment allez-vous faire alors ?
"Nous allons travailler pour préparer l’avenir au sein d’une forte minorité active au sein du PS. Elle pèsera en incarnant la ligne sociale démocrate du parti. Je mènerai ce travail aux côtés de François Hollande avec lequel je me sens plus proche que jamais."
Vouloir bâtir un grand parti social-démocrate alors qu’une courte majorité de militants a tranché, en votant Aubry, en faveur d’une ligne politique différente. C’est un peu comme appeler à se prononcer pour le "non" au référendum sur l’Europe alors que les militants ont voté "oui" ?
"Absolument pas. Nous respecterons les positions de la majorité mais nous formulerons des propositions pour changer le parti. C’est d’ailleurs ce que nous ferons pour le prochain scrutin européen (prévu en juin 2009, NDLR)."
Propos recueillis par KT
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