« Affaire Villepin », travail le dimanche, projet de loi sur l’audiovisuel public, manque d’autonomie de l’UMP et de son groupe parlementaire face à l’omniprésence de Sarkozy… François Goulard tire à nouveau tout azimut dans les colonnes du Parisien de ce mercredi. Morceaux choisis :
Affaire Villepin
Sur le renvoi devant le tribunal correctionnel de l’ancien premier ministre Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream, le député-maire de Vannes (UMP), ancien ministre de la recherche de Villepin, note « qu’en matière de justice », « Nicolas Sarkozy est très présent et probablement trop présent. Dans cette affaire, on a le sentiment que Dominique de Villepin est une cible. C'est regrettable. Il est trop tôt pour parler d'acharnement mais on veut lui porter des coups. »
Audiovisuel public
Concernant la réforme de l’audiovisuel public et la nomination du président de France Télévision, François Goulard se dit « tout à fait défavorable à sa nomination en conseil des ministres. La télévision publique ce n'est pas comme la SNCF », note l’ancien secrétaire d’Etat aux transports et à la mer qui pense qu’il n’est « pas opportun » de remplacer les ressources publicitaires de France télévision par un impôt.
Parlement
Comparant les fonctionnements institutionnels français et américain, François Goulard regrette que « chez nous », le groupe majoritaire se considère « comme l'auxiliaire de l'exécutif ». « C'est une anomalie. Par ailleurs, à l'inverse de chez nous, le président américain ne se considère pas comme un démiurge, il n'a pas réponse à tout. Il est capable d'écouter les conseils des autres. En France, il y a une tradition monarchiste qui fait que le chef de l'Etat veut décider de tout, être présent sur tous les sujets. »
Crise financière
Sur la gestion de la crise économique, le député-maire de Vannes se demande s’il « faut engager largement les finances publiques dans des grandes dépenses financées par l'emprunt ? » « Il faut garder la mesure, estime François Goulard. La position d'Angela Merkel me parait la bonne. Plusieurs raisons à cela. 1. Relancer massivement alors que les agents économiques restent très frileux, cela peut être inopérant. 2. Si beaucoup d'argent public est injecté, on retombe sur le problème de la dette. Comment la rembourser alors qu'avant la crise on n'avait pas la solution à Cela risque d'obérer la reprise qui, nécessairement, viendra un jour. Je dis donc attention casse cou! Il y a un risque d'avoir plus d'inconvénients que d'avantages. »

Pour autant, on ne peut pas le suivre et déplorer que Villepin soit "une cible". Il semble plutôt que Villepin ait lancé la fléchette et que Sarkozy servait initialement de cible.
Sur les autres points, les remarques de François Goulard sur la réforme de l'audiovisuel public et le rôle du parlement sont assez justes. Attention, en traitant Sarkozy de démiurge, il risque un procès pour outrage (mais pour l'instant, c'est plutôt les manifestants, les syndicalistes qui sont poursuivis et pas encore les députés).
En revanche, sa position sur la crise financière révèle, une fois de plus, sa pensée libérale, même la crise ne le fait pas dévier. D'après lui, "en engageant largement les finances publiques, cela risque d'obérer la reprise". C'est plutôt que si on n'engage pas de dépenses publiques, on est sûr de ne pas voir arriver un jour la reprise et assuré de voir beaucoup d'entreprises et de salariés rester sur le carreau.
Enfin, la phrase qui vous sert de titre peut aisément recevoir une déclinaison locale "François Goulard est très absent et probablement trop absent... de Vannes".