À Vannes, le dimanche 01 août 2010, 06h48.
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Afghanistan
3è RIMa en Afghanistan : «? Vous avez combattu jusqu'au bout de vos forces? »

Hervé Morin (photo : J-P. Tranvouez/freestins).

Hervé Morin était à Vannes, ce jeudi, pour dissoudre le Groupement tactique interarmes de Kapisa, composé de 600 soldats bretons. Le ministre de la défense est largement revenu sur les conditions de cet engagement en Afghanistan, où 5 fantassins bretons ont trouvé la mort.

« Au cours des derniers mois, je suis venu trop souvent à Vannes. J'y ai vu le deuil, les larmes et la douleur des familles. » Hervé Morin, le ministre de la Défense, est venu dissoudre le Groupement tactique interarmes de Kapisa, composé d'environ 600 soldats bretons, ce jeudi à Vannes. Cette célébration marque la fin d'une mission de six mois dans l'est de l'Afghanistan.

Un engagement payé au prix du sang. Partis en juin, les 450 hommes du 3è RIMa de Vannes reviennent avec cinq des leurs qui ne répondront plus à l'appel. « Aujourd'hui, les noms du caporal-chef Bodin, du caporal-chef Naguin, du sergent Rousselle, du sergent Hivin et du caporal Lemoine, résonnent une nouvelle fois dans le port de Vannes », a déclaré Hervé Morin. « On a beau être ministre de la défense, on a beau savoir que le métier de soldat est un métier à part et que c'est le risque de la mort qui donne tout son sens au courage, c'est chaque fois la même émotion. On ne s'y fait jamais (…). »

Accrochages, harcèlement et tirs de roquette

Hervé Morin est assez largement revenu sur la qualité du travail effectué par les Marsouins. « Ces qualités vous ont aidés à saisir pleinement les enjeux de notre présence sur ce théâtre difficile. Elles vous ont permis de résister à la tentation de la vengeance, d'éviter l'écueil du recours aveugle à la force. »

« Vous avez tous connu les accrochages, le harcèlement et les tirs de roquette. Vous avez aussi connu la menace lâche des IED et des Daisy chains (…). Vous avez combattu jusqu'au bout de vos forces, parfois jusqu'à 10 heures d'affilée, malgré la fatigue, malgré les blessures (…). aujourd'hui, le bilan de votre engagement est élogieux. Vous avez remporté d'incontestables victoires tactiques qui vous ont permis de prendre l'ascendant moral sur les insurgés tout en épargnant les populations civiles. Si la population se désolidarise des insurgés, si elle commence à croire en l'avenir, c'est avant tout parce que vous avez su gagner sa confiance. »

Revenant sur la polémique autour de la mort des 9 soldats du 8è RPIMa, tués en vallée d'Uzbeen en août 2008, le ministre de la défense a indiqué : « On ne peut pas toujours trouver un responsable pour expliquer la mort d'un proche. Le risque 0 n'existe pas quelque soit les moyens et les précautions prises. S'engager dans cette voie porte en germe le risque de l'inhibition de nos soldats et, à terme, du désarmement moral de nos armées. S'engager dans cette voie, c'est banaliser le sens même de l'engagement et la spécificité du métier des armes : l'acceptation du don de soi pour la France, pour la République et ses valeurs. »

Photos, textes et vidéo : retrouvez, toute la semaine, le "petit journal" du Mensuel embarqué en Afghanistan aux côtés des soldats bretons.



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