Depuis plusieurs mois, les ostréiculteurs tirent la sonnette d'alarme. Pour étudier leur situation et faire entendre leurs revendications, ils demandent, depuis décembre, l'organisation imminente d'une table ronde nationale réunissant ministères, élus, administrations et professionnels (lire Le Mensuel de décembre 2009). Cette réunion, soutenue par le député morbihannais Michel Grall notamment, tarde à se planifier. Prévue fin janvier, elle n'est toujours pas inscrite au calendrier et les ostréiculteurs s'impatientent. « Si aucune date n'est fixée d'ici la fin du mois de février, nous monterons manifester à Paris. » L'ultimatum a été approuvé mardi soir, lors de l'assemblée constitutive du comité de survie de l'ostréiculture (CSO), à Plouharnel. Une centaine de professionnels y participaient. Les mines graves.
Fédérer
La surmortalité des jeunes huîtres, qui décime les parcs ostréicoles depuis trois années, touche tous les bassins du littoral français. Ce mardi soir à Plouharnel, les Morbihannais appelaient leurs collègues bretons, charentais, arcachonnais, méditérranéens, ... à rejoindre leur mouvement. « Plus on sera nombreux à Paris, mieux on sera etendu. Pour avoir du poids, il faut que notre mouvement soit solidaire. On est tous dans la même mouise », réclamait un participant.
L'information devra donc circuler. Le bureau du CSO a demandé aux ostréiculteurs présents de faire passer le mot aux professionnels des autres bassins. De son côté, il a obtenu l'implication de l'avocat Collard sur ce dossier si les requêtes tardaient à aboutir. « Sa force médiatique pourrait nous aider », estiment les dirigeants du CSO prêts à abattre plusieurs cartes à la fois. Ils ont également écrit au président de la République. « On a rien à perdre. Nous sommes sur un tapis roulant qui avance vers un gouffre que nous voyons et que nous ne pouvons éviter", illustre Renan Henry, président fraîchement élu du CSO. Sa métaphore en dit long sur le moral des ostréiculteurs morbihannais. "On a tous les jambes coupées." Pour eux, la profession est en péril, la production déimée. "D'ici un an, il restera à peine 10% d'huîtres", estime le CSO. En 2010, le volume de vente sera tronqué de moitié selon ces professionnels de la mer. Certains ostréiculteurs ont déj? mis la clé sous la porte. Dans beaucoup de chantiers, les licenciements se multiplient.
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