« L’essentiel n’est pas de gagner mais de bien gagner. » De la bouche même d’un proche de Jean-Yves Le Drian (lire Le Mensuel de mars), cette réplique résume l’état d’esprit du président de Région. A 62 ans, le socialiste, à la tête de la liste Bretagne solidaire, n’aime pas qu’on parle de lui comme le candidat sortant, ni comme le favori. Ces deux étiquettes énervent le Lorientais qui prétend même mener « une campagne de challenger » dans ces régionales.
Offensif
Pour le prouver, Jean-Yves Le Drian arpente les contrées bretonnes, réagit sur tous les dossiers, sourit à tous les photographes. Visite d’entreprises à Morlaix, rencontre avec le personnel de Saupiquet à Saint-Avé, avec les agriculteurs… Ses agendas sont chargés, « c’est comme ça tous les jours », et lui s’en amuse. Offensif, le socialiste ne mâche pas ses mots quand il parle de ses concurrents. A l’égard de « la préfète » en particulier. Il ne cesse de le répéter, Jean-Yves Le Drian s’est lancé « dans un combat acharné » contre Bernadette Malgorn, sa principale adversaire et candidate pour la majorité présidentielle.
« Bilan satisfaisant »
Son bilan ? L’ancien député-maire de Lorient le défend. « J’ai donné du désir de Bretagne. Nous avions un contrat avec les Bretons en 2004. Il est respecté. », déclare-t-il à Ty Télé, le 4 mars dernier, avant de citer trois exemples : l’arrivée du TGV, une augmentation de la fréquentation du TER de 50% et la mise en place des chèques livres. « J’ai un bilan satisfaisant mais ce n’est pas sur cela qu’une élection se fait », assure-t-il. Dans son nouveau projet, Jean-Yves Le Drian entend notamment mettre l’accent sur la « formation des jeunes Bretons », le développement des nouvelles technologies ou encore l’écologie.
Une kyrielle de listes de gauche
En 2004, Jean-Yves Le Drian l’avait emporté à 58,78%. Le socialiste reconduira-t-il ce score fleuve fin mars ? A voir… Le Lorientais devra « composer » et il le sait. Composer face à une kyrielle de listes de gauche (VraimenT à gauche, Lutte ouvrière, etc.) mais surtout face à Europe écologie (EE). Cette dernière, à travers son leader Guy Hascoët, ne s’en cache pas. Son but reste d’empocher « entre 15 et 20% des voix » au premier tour. Si ce scénario se vérifiait, les négociations, entre les 14 et 21 mars, apparaîtraient serrées pour Jean-Yves Le Drian, pour ne pas dire délicates. La prophétie d’EE reste à prendre au sérieux. Aux élections européennes, la formation écologiste avait battu le PS en Bretagne de… 0,24%.
Dans le cadre des élections régionales, Le Mensuel ouvre ses colonnes. Chaque jour, un article sera publié sur ce site internet pour présenter l'ensemble des listes candidates à ce scrutin jusqu'à la veille du 1er tour.
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