Nous te ferons Bretagne… Cet intitulé annonce la couleur. Inspiré d’un vers du poète breton Xavier Graal, il synthétise les objectifs de la liste emmenée par le maire divers-gauche de Carhaix Christian Troadec pour les régionales des 14 et 21 mars : la Bretagne, toute ! En janvier, Le Mensuel publiait la réponse de chaque candidat à la question « Quelle est la première chose que vous feriez si vous étiez élu ? » Réponse de Christian Troadec : « Réunifier la Bretagne. » Qu’importe si le président du conseil régional ne dispose pas de la compétence « réunification » –seul le ministère de l’Intérieur peut impulser une telle initiative… Troadec, fondateur des Vieilles charrues, ex-patron de la brasserie Coreff et « héros » de la bataille contre la fermeture de l’hôpital de Carhaix, affirme qu’il mènera ce combat jusqu’au bout. Qu’il soit élu ou non car, dit-il, « je ne suis pas à la recherche d’un poste. J’ai une ambition pour la Bretagne ! »
Régionalisme
En plus de la réunification, Nous te ferons Bretagne (NTFB) formule douze propositions. Cela va d’un « nouveau modèle social breton » à la défense d’une « agriculture durable, écologique et source d’emplois » en passant par le développement du « bilinguisme breton/français ».
NTFB veut s’affirmer comme LA liste régionaliste de ce scrutin. Cela ne devrait pas être trop délicat, puisque ses concurrents ont choisi de se rallier à des formations « françaises ». Breizhistance (ex-Emgann) et l’Union démocratique bretonne (UDB) mènent campagne aux côtés d’Europe écologie. Autant d’alliances qui font place nette sur le terrain breton. Officiellement, la liste NTFB espère dépasser les 10%. Plus raisonnablement, les observateurs lui prédisent un score compris entre 5 et 10%.
Négociations
Quel que soit l’issue, le véritable objectif de NTFB consiste vraisemblablement à peser dans les négociations d’entre-deux tours. Ces tractations se feront à gauche… ou ne se feront pas. Malgré le fait que quelques-uns de ses colistiers soient membres d’équipes étiquetées à droite, Christian Troadec a prévenu : il n’y aura pas de négociation avec l’UMP. Il s’agira donc, le cas échéant, de « dealer » avec le PS et/ou Europe écologie. Cela implique, pour le maire de Carhaix, de se rabibocher avec l’équipe de Jean-Yves Le Drian. Elu dans la majorité au conseil régional en 2004, Christian Troadec avait claqué la porte en décembre 2008, suite à un désaccord avec le PS au sujet de la fermeture de l’hôpital de Carhaix. Le passé, c’est le passé... « Je n’ai jamais eu aucun problème avec Jean-Yves Le Drian, affirme aujourd’hui Troadec. J’ai simplement pris position. Je n’aurais pas pu me taire. »
N.L.
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