La nouvelle est tombée hier en début de soirée. La maison d'arrêt de Vannes fermera ses portes en 2017.
C'est au sortir d'une réunion au Ministère de la Justice que François Molins a annoncé la nouvelle. Le directeur de cabinet de la garde des sceaux Michèle Alliot-Marie a communiqué la liste des 23 établissements pénitentiaires amenés à fermer entre 2015 et 2017. Ces fermetures s'ajoutent aux 22 autres qui avaient été annoncées au printemps. Elles interviennent dans le cadre du plan de modernisation du parc pénitentiaire national. Ce dernier vise à "assurer des conditions dignes de détention, à mettre notre pays en conformité avec les règles pénitentiaires européennes et à garantir la mise en oeuvre des prescriptions de la loi pénitentiaire" votée en 2009.
Infestée de champignons
Trop vétuste, la maison d'arrêt de Vannes fait partie des prisons condamnées. L'établissement vannetais, surnommé "Nazareth", est un ancien couvent carmélite transformé en prison en 1830.
Sa fermeture n’est pas un choc. Comme nous l'écrivions déjà dans le Mensuel de juin (n°65), l'avenir de la prison vannetaise était remis en question face à l'insalubrité des lieux. « On s’attendait à sa fermeture depuis quelques années », explique Jean-Luc Le Franc, secrétaire régional adjoint de CGT-Pénitentiaire. « La prison devenait dangereuse ».
Infestée de champignons, une aile entière avait été évacuée en février. Après plusieurs petits chantiers, une réfection de grande ampleur avait été lancée. Des travaux chers, mais qui ne garantissaient manifestement pas la pérennité de la prison. "Au-delà de la vétusté, la prison est menacée car elle représente un petit effectif", soulignait François Goulard. Il assurait soutenir l'établissement et insistait: "Si la fermeture était annoncée, j'irais en parler à Michèle Alliot-Marie". Une position qu'il n'affiche plus aujourd'hui. Au courant de la fermeture de la maison d'arrêt de Vannes depuis déjà une semaine, François Goulard ne sort pas du discours officiel. " C'était dans l'air depuis un moment", défend-t-il. Il y voit "une amélioration en terme d'urbanisme. La prison était une enclave en centre-ville".
Fermeture sèche
Reste à savoir où iront les détenus et les surveillants. "Le délai donne le temps de voir venir", soutient le maire. La construction d'un nouveau bâtiment à Angers est évoquée, ainsi que des transferts vers Lorient, Rennes et Nantes. Jean-Luc Le Franc s'interroge cependant sur la pertinence de supprimer la prison de Vannes. Il s'exprime ainsi : " Dans une ville en pleine croissance démographique et économique, le choix d'une fermeture sèche, sans reconstruction, à proximité, ou transformation, parait particulièrement inopportun. La ministre qui annonce à qui veut l’entendre qu’elle souhaite multiplier le panel des structures pour les adapter aux différentes typologies de délinquants ou criminels aurait du proposer de transformer ces établissements en structure plus légère."
Jean-Luc Le Franc déplore de plus le « manque d’accompagnement » du personnel et des détenus. « On ferme de petites structures familiales, à l’échelle humaine, pour construire de grands centres où règne l’isolement, tant pour le personnel que pour les détenus, ce qui crée de l’agressivité », regrette le syndicaliste. Il explique que le plan de modernisation des prisons va vers « un ratio personnel / détenus moindre, pour réduire les coûts ». Pour lui, ça nuirait au travail, « et ça, je ne sais pas si ça a un prix ».
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