21 h Les militants anti-fascistes repassent à l'attaque. Entre 150 et 200 personnes, portant drapeaux du NPA et du Collectif antifasciste, sont arrivées boulevard de la Liberté aux cris de "Pas de quartier pour les fascistes. Pas de fascistes dans nos quartiers". Le fort dispositif policier semble encore dissuader toute action musclée.
20 h 50 Le défilé chrétien est arrivé devant le théâtre, où les protestataires prêchent tout en scandant des slogans du type "Christianophobie, ça suffit !" La manifestation reste néanmoins assez calme.
20 h 30 Un petit millier de manifestants fondamentalistes religieux est en marche, boulevard de la Liberté. Ils devraient atteindre le TNB en chantant des chants catholiques.
19 h 40 Le cortège gonfle place de Bretagne. 200 à 300 manifestants sont désormais rassemblés près d'un camion-sono d'où sont jouer des chants religieux. Des drapeaux vendéens flottent dans la foule. Cinq nouveaux cars de protestataires doivent encore arriver très prochainement.
19 h 20 Les premiers spectateurs commencent à arriver au TNB. Pour rejoindre la salle, ils sont soumis à plusieurs contrôles. Rue Saint Hélier, les policiers leur demande de présenter leurs billets avant de pouvoir passer un premier filtre de barrière. A l'entrée du théâtre, ils sont soumis à une fouille. Certains sont assez surpris par le dispositif : "C'est la première fois que nous venons voir une pièce dans un tel contexte de sécurité", confie un couple d'amateur de spectacles.
Du côté des riverains, en revanche, la grogne monte un peu. La fermeture des boulevards de la Liberté, de la rue Saint-Hélier et de l'avenue Janvier à la circulation ne facilite pas l'accès à leur domicile.
19 h Place de Bretagne, les manifestants de l'Institut Civitas attendent une sept cars venus de tout l'Ouest pour aller "prier et faire des incantations devant le TNB". "A partir du moment où le portrait du Christ est souillé, c'est une profanation, explique Alain Escada, secrétaire général de l'Institut Civitas Ouest, pour parler de la pièce de Roméo Castellucci. Nous devons répondre à cette profanation. Mais nous ne sommes pas des hordes de barbares. Nous suivrons ce que diront les forces de l'ordre." La cinquantaine de personnes actuellement rassemblées est principalement constituée de familles avec enfants.
18 h 15 Les appels à manifester ont été nombreux, mais, pour l’heure, la pièce de Roméo Castellucci diffusée ce soir au TNB s’annonce dans une ambiance plutôt calme. Une cinquantaine de manifestants de l’Institut Civitas Ouest, organisation religieuse proche des intégristes lefebvristes, est actuellement rassemblée place de Bretagne, s’apprêtant à marcher vers le théâtre. Côté contre-manifestants, on compte une vingtaine de militants Europe écologie-Les Verts et une trentaine de personnes du collectif anti-fasciste.
La présence policière, en revanche, est assez développée. Le boulevard de la Liberté, l’avenue Janvier et la rue Saint Hélier sont actuellement bloqués à la circulation et l’accès au TNB est sécurisé par des barrières.
Sur le concept du visage du fils de Dieu a déjà suscité beaucoup de remous lors de sa programmation parisienne. Actuellement à l’affiche à Rennes dans le cadre du festival Mettre en scène, la pièce met en colère les fondamentalistes religieux qui y lisent un blasphème contre l’Eglise. L’Institut Civitas Ouest pensait réunir un millier de manifestants contre la pièce. En réponse, les membres de Gauche unitaire et le collectif anti-fasciste avaient appelé à contre-manifester.

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Pourquoi traiter ce sujet, comme l'ont fait la plupart de médias, seulement sous l'angle de la religion (et de l'intégrisme), sans parler clairement d'extrême droite ? Les membres de Civitas eux-même ne se cachent pas d'avoir une fonction religieuse ET politique.
La plupart des discussions évoquent le débat "foi religieuse" contre "liberté de création", et c'est finalement la pièce ("très controversée" comme disent les journalistes TV) de Castelucci qui est mise en accusation: est-elle vraiment blasphématoire ? Dépasse-t-elle les limites de la liberté d'expression ?
Or, quand on se pose cette question, les intégristes d'extrême droite ont déjà gagné: ils ont réussi à prendre prétexte de cette pièce pour parader dans nos rues, sans que la population rennaise réagisse vraiment...
[J'ai déjà laissé un commentaire à ce sujet, mais il semble que ça n'a pas fonctionné]
J'aimerais comprendre pourquoi si peu de médias prononcent les mots "extrême-droite" au sujet de ces manifestants. Alors que les symboles arborés et les organisations impliquées dans ces actions, et les symboles arborés par les manifestants, à Rennes comme à Paris, sont marqués politiquement: royalistes, ultra-nationalistes, maurrassiens, xénophobes, homophobes, etc...
D'ailleurs, Civitas ne se cache pas d'avoir des objectifs religieux et politiques.
Les désigner simplement par les termes "chrétiens", "fondamentalistes" ou "intégristes" laisse le débat sur le terrain de la religion, donc du blasphème et de la liberté de création... Ce qui peut amener certains citoyens (notamment catholiques) à tomber dans le panneau, et se sentir solidaires de ces manifestants. Alors que si on rappelait clairement quelles idéologies partagent les organisateurs de ce mouvement, ça remettrait les choses au clair: ils veulent une "France chrétienne", ce qui pour eux signifie blanche, hétérosexuelle, patriarcale, hiérarchique...